Risotto ‘la vie en rose’ – betterave & gorgonzola

Depuis quelques temps je vois la vie en rose!

Le dernier billet écrit au Japon… Puis, parfois, la vie va plus vite que l’on ne puisse la décrire et mes itinérances en Asie du sud-est m’ont emmené vers la Birmanie, le Cambodge et Bali.    Vivant chaque instant, présent.   Ensuite, retour sous le ciel Belge où un beau voyage du cœur a commencé…

Cette recette est elle aussi le fruit d’un voyage. D’un autre type celui-ci. Il s’agit plutôt d’un voyage entre générations, car il est né d’une conversation inattendue avec une jeune-fille italienne de 13 ans, Adele.

Faisant de moi une maman-poule-adoptive le temps d’un stage multisport-français, un soir à table elle me racontait comment, dans un restaurant avec ses parents, elle avait vu sur la carte ce plat qui lui paraissait très curieux. Continuer la lecture de Risotto ‘la vie en rose’ – betterave & gorgonzola

Asahidake. 70 degrés plus loin, Yangon.

Quand on est fous de neige…on en profite jusqu’à la dernière traînée de poudreuse.

Le dernier jour, après un petit déjeuner traditionnel au Ryokan Yukomanso, rien n’a réussi à nous dissuader de dévaler encore une fois les pentes du Mont Asahidake: ni les conditions météo disons, hemm, pas vraiment idéales avec un joli -22°C au thermomètre, ce qui avec le vent donnait une température ressentie de -40°C (!!), ni les gros flocons avec visibilité nulle, ni l’avion Asahikawa-Tokyo qui décollait à 19:30 le soir même.

Il faut dire que la présence de notre guide Daisuke Sasaki à fait toute la différence: il connaît chaque flanc de la montagne comme ses poches et à mon avis, serait capable de descendre les yeux fermés sans aucun souci.

C’est d’ailleurs plus ou moins ce que nous avons fait pour la première partie de la matinée car on avançait dans une purée de pois (de soja) à travers laquelle même le Arva ne serait pas trop passé.

Mais la satisfaction de monter, en défiant les éléments, pour ensuite descendre en flottant sur une couette de plumes givrée vaut toutes les fesses gelées du monde.

Heureusement qu’au bout de la journée était prévu le rituel Onsen qui nous a permis de nous réchauffer et nous rhabiller proprement pour nous envoler vers nos destinations respectives.

Yangon, Birmanie pour moi. L’atterrissage se fera, à quelques 70°C ressentis d’écart…

GoGo, oeuf de Goléand et Gondole à Iwate

C’est le soir de mon arrivée à Osaka, il y a quelques semaines de ça, que se tenait le traditionnel dinner-party du mercredi au très friendly Small Tree Hostel.

J’avais décidé de loger en mode back-packer (lit superposé dans dortoir mixte) et surtout je suis arrivée avec l’envie de bavarder un peu plus que les ‘konnichiwa’ et ‘arigato gozaimass’ qui constituaient ma communication quotidienne jusque là.

Débarquée du Shinkansen avec le solstice d’hiver, il fesait moche: il pleuvait et mon sac à dos me pesait, comme un peu la solitude, ce jour-ci.

C’est donc avec grande joie que j’ai accueilli l’invitation de Yuri, le petit bout de femme hyper concentrée d’énergie et de pétillant qui gère l’hostel (après avoir elle-même voyagé partout en sac à dos) à participer à ce qui est devenu une institution: le Dinner & Party du mercredi.

Ce soir c’était « Do it Yourself Sushi » et c’est avec tout le naturel du monde que je me suis retrouvée, sabre de Ninja-chef à la main, au poste de découpe ‘légumes et omelette’ dans la cuisine ouverte, pendant que thon, saumon & co étaient levés en filets par les experts locaux.

Entre-temps, la vapeur douce qui se dégageait du dashi (bouillon de bonite, sardine séchée et algue Kombu) annonçait une petite soupe miso maison réconfortante.

C’est ainsi que j’ai atterri dans le groupe assez hétéroclite de nationalités et d’âges formé non seulement des hôtes de l’auberge (japonaise, pour le coup) : Australo-Vietnamien, Sud-Américain, Lillois-Japonisé, Canadien, Coréenne, Allemand-étudiant à Tokyo, …mais également de toute une série de profils sympathiques dont le calligraphe Soyamax (artiste de l’image d’en-tête) qui orbitent régulièrement autour de cet endroit dont la chaleur va au-delà de la table « kotatsu » chauffante.

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Après un karaoke en groupe qui n’a jamais vu le jour (ni la nuit d’ailleurs) j’ai fait la connaissance de Hirofumi: nous nous somme trouvés dans l’empire du milieu linguistique.

Entre son anglais initial et mon japonais inexistant nous avons quand même réussi à parler bouffe et desserts.

Il faut savoir que les japonais ont la dent sucrée et que chaque région a sa spécialité traditionnelle de « wagashi »: en général des douceurs à base de mochi (pâte de farine de riz sucrée) farcies de crèmes à base de haricots (souvent rouges, appelés « an »), mais une énormité de variantes existent.

Ces confiseries sont également offertes lorsqu’on rend visite à quelqu’un: et donc dans chaque gare et sur chaque quai, des échoppes proposent aux voyageurs distraits qui l’auraient oublié les spécialités locales, joliment emballées dans plusieurs couches de papier. Car la présentation fait la moitié du cadeau!

Et il se trouve que la baby-face de manga avec qui j’ai discuté en a fait son métier et exporte dans le reste de l’ïle de Honshu les spécialités de sa région, la préfecture de Iwate.

C’est comme ça que quelques jours plus tard j’ai très fièrement reçu mon premier cadeau japonais: des Oeufs de Goéland!    ….Ou Kamome no Tamago, pour ceux qui pratiquent.

Au début extrêmement perplexe par l’appellation de la chose -ici on peut trouver de tout dans son assiette…je m’étais donc préparée, l’esprit explorateur, à des vrais œufs- je découvre avec joie qu’ils n’en ont que la forme.

Et que ces petits gâteaux ont en réalité un cœur à base de haricots blancs sucrés, entouré d’une couche de gâteau-biscuit, lui-même enrobé d’un glaçage blanc.
Extrêmement délicieux!

Les premiers 4 sur la boite de 9 se volatiliseront à une vitesse incroyable 😉

De fil en aiguille je découvre ensuite que la région de Iwate se trouve sur mon parcours en train pour remonter vers Hokkaido, rejoindre mes amis au ski.
Hors des sentiers battus par les touristes, cette région qui allie vie rurale et production de composants électroniques se trouve tout au nord, dans cette partie de l’île moins connue si ce n’est pour la tristement célèbre Fukushima (à 300km plus au sud).

Et c’est comme ça que je suis invitée à en découvrir la beauté par Hirofumi qui, en guide attentionné, me plongera au cœur de la culture de sa terre natale.

La visite commence par un délicieux petit-déjeuner à base de petites boules de mochi, accompagnées de sauces différentes, de droite à gauche et de haut en bas (pour voir si vous êtes attentifs, et …dans le même ordre qu’on lit le japonais): sésame noir appelé ‘goma’, fèves de edamame sucrées, crème de noix, crème de haricots rouges azuki. Avec un bon thé matcha bien mousseux et les immanquables ‘pickles’ qui donnent le fameux goût umami.

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Ensuite, un tour en ‘pole boat’ ou la version locale de la gondola vénitienne: dans une 50aine de centimètres d’eau, des larges barques à fond plat glissent doucement sur la rivière qui parcourt la Gorge de Geibikei, d’un vert d’émeraude troublé uniquement par les canards qui se bagarrent les ‘croquettes’ que nous leur lançons.

La barque, aménagée pour l’hiver avec une longue table kotatsu et une ‘serre’ qui protègent du froid et de l’air, est pilotée et poussée à force de bras par les gondoliers qui manient avec agilité une longue perche en bambou.

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Sur les côtés, les flancs raides des roches qu’on dirait sortis d’une estampe, prennent ci et là des semblances humaines.

Tout au bout de la gorge, une esplanade en gravier nous permet de continuer la remontée de la rivière de quelques dizaines de mètres encore.

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C’est là que nous pourrons choisir 10 ‘cailloux’ en terre cuite, estampillés avec différents symboles (chance, prospérité, santé, amour, etc) qu’il nous faudra tenter de lancer dans un creux sur la parois pour voir notre vœux se réaliser: après quelques misérables tentatives de « lancé » de ma part, qui atterrissent invariablement dans l’eau après des trajectoires improbables (j’ai beaucoup de qualités, mais clairement pas celle-là! 😉 ), je cède mes galets à Hirofumi qui, entrainé au base-ball obtient plus de points que moi….et les applaudissements des présents!

Nous repartons pour le parcours inverse, cette fois-ci accompagnés par un très ancient chant traditionnel aux sonorités particulières, que nous chantera le guide, en laissant glisser les notes avec les silences entre nos pensées, au fil de l’eau.

Un moment hors du temps.

 

C’est ensuite vers le Chuson-Ji Temple à Hiraizumi (Unesco World Heritage) que nous nous dirigeons: sur les traces du poète Matsuo Basho (grand maître du haiku) et lieu sacré du Konjiki-dō (金色堂) ou ‘Temple d’Or’….sous la première neige qui se pose dans un silence respectueux sur les toits de chaume des pagodes en hibernation.

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Mais avant de repartir, c’est à la chasse aux œufs que je vais aller: une boîte de Kamome no Tamago sous le bras à offrir à mes amis qui m’attendent à Sapporo, pour partager avec eux cette trouvaille savoureuse.

Et une photo-souvenir avec la mascotte de la région!

Thank you Hirofumi, I’ll be back soon 🙂

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J’ai du bol à Hokkaido

Le réveil à sonné à 5:45 ce matin…et c’est pour une bonne raison.

Daisuke Sasaki, notre guide qui, nous le découvrons en cours de séjour, est un pro de renommée internationale aussi connu sous le nom de « The Flying Japanese » pour ses sauts de compèt’ en ski, est venu avec son mini-bus pour le ramassage ‘scolaire’.

Nous sommes à Hokkaido, l’ïle principale plus au nord de l’archipel du Japon où j’ai rejoint mes amis et le joli groupe multilingue fou de ski de randonnée qui est à l’origine de mon voyage en terre Nippone.

J’ai du bol!
Mon arrivée sur l’île à commencé par une journée à Kokusai, Sapporo où j’ai pu faire un ‘échauffement’ sur les pistes de Kokusai avec le snowboard gentiment prêté par l’épouse de Daisuke (elle aussi à son temps championne de half-pipe qui a construit elle même son board) pendant que les autres, avec deux jours supplémentaires dans les jambes, ont fait montées/descentes avec les peaux, un peu plus haut.

Et j’ai eu du bol aussi, car à midi, je suis tombée par hasard sur une marmite: c’est en remontant des yeux une longue file  -comme on en voit partout ici- et en voyant les skieurs repartir avec un bol en polystyrène fumant, baguettes à la main, que j’ai découvert qu’aujourd’hui il y avait une distribution gratuite de ramen.

Ni une ni deux, me voilà dans la file.

Il faut dire qu’il fait frisquet et un peu d’antigel ne fait pas de mal pour aller ensuite dévaler les pentes sur 1,5m de belle neige tassée, recouverte à son tour d’1m de poudreuse! C’est que les Jap’ ils maîtrisent l’excellence. Même leur neige est top!

Notre Daisuke nous a bien organisé ça: après la journée sportive, nous avons terminé par la partie relax: Onsen (Spa à la japonaise) avec bains extérieurs et diner sushi.

Mais pas n’importe comment les sushi: nous avons eu droit au Chef perso pour notre groupe.

Tous assis sur le traditionnel tatami, les jambes pas vraiment habituées à la seiza (position assise sur les talons, le dos des pieds face au sol) nous avons commencé par des sashimi: c’est comme cela que nous avons goûté de la -pas très politically correct- baleine, parmi d’autres poissons plus ‘classiques’.

Ensuite est arrivé le sushi-Master qui s’est installé à une table basse à côté de la notre.

Grande planche, couteau aiguisé comme un sabre qui pourrait couper un cheveu en quatre, plateau de filets de poissons et crustacés variés, riz vinaigré tiède dans la traditionnelle écuelle en bois, petit monticule de wasabi et livre de feuilles d’algues nori …pour nous préparer nos sushis à la demande.

Chaqu’un choisit son poisson et, le temps de dire ‘kampaï’, que d’un habile jeu de prestidigitateur….voilà les trois pièces de sushi en file harmonieuse sur l’assiette rectangulaire. Heureusement qu’il était plus rapide à les faire que nous à les manger 😉

Avec un petit saké, si besoin était, pour faire descendre cette belle journée.

 

 

Mais ça, c’était hier.

Revenons donc à nos moutons, ou mieux, à nos flocons.

Car si à Sapporo il y avait un bon mètre dans les rues, ce matin nous nous dirigeons vers Kamifurano pour une journée de randonnée.

4 heures de route, d’où le départ sous un ciel encore parsemé d’étoiles.

Oui oui, c’est les mêmes que chez nous, sauf qu’ici elles sont toutes en file et roulent à gauche (je rigole!)

Comme le dit le dicton Italien, « il mattino ha l’oro in bocca » (littéralement, le matin à l’or en bouche…autrement dit, le monde est à ceux qui se lèvent tôt).

Celui-ci nous a offert une journée magnifique a commencer des les premiers rayons de soleil qui se sont levés entre les branches des bouleaux bordés de bambous, qui tentent de garder la tige haute et ne pas (trop) se plier sous le poids du bon mètre de neige qui les recouvre.

Tout est blanc autour. Même la route.

Bien que déneigée du gros, une bonne croute de gel la recouvre. Mais nous, on n’a pas froid aux yeux: le van de Daisuke est équipé de pneus de neige dignes d’un ours polaire en caterpillar, et tient la route comme sur des rails du Shinkansen.

 

 

Et des rails, j’en suivrai une bonne partie de la matinée: tout le groupe étant en ski de randonnée, ils créeront la trace que je suivrai -raquettes aux pieds et snowboard sur le dos- pour monter presque jusqu’en haut du Mont Tokachi, un volcan en activité dont la dernière éruption date de 2004 (bon à savoir!) qui se trouve dans le Parc National du Daisetsuzan.

Il faut dire que ce n’est pas une mince affaire car en dessous, la neige, malgré le tassage des skis avant moi, s’affaisse sous la répartition inégale du poids sur les raquettes de neige, ce qui m’oblige à une belle session de ‘step’. Je teste la profondeur avec mes bâtons hors trace…heuuu, ils s’enfoncent complètement…je ne pousse pas plus loin, au risque de les voir engloutis par ces flots de poudreuse!

Et malgré les -15°C, après 10 minutes je suis prête à me déshabiller, tant ça chauffe!
Comme quoi les Italiennes, ça sait démarrer à froid aussi :-p

Le paysage est magnifique: nous avançons entre les sapins et les bouleaux (oui ici il y a ce type d’arbres) chargés de neige au début, pour arriver ensuite sur un océan de poudreuse scintillantes sous un ciel bleu porcelaine.


Et au bout, le chapeau du Mont Tokachi, fumant de soufre, qui vient chatouiller nos narines avec son charmant parfum d’œuf pourri au fur et à mesure qu’on monte.
On s’habitue vite à l’odeur.
Pas au paysage, éblouissant de beauté dans son immensité immaculée.

Et la récompense de descendre en flottant vaut toujours l’effort de la montée.


Ceci-dit, pour cette première expérience, je m’en tiendrai à un seul tour de manège en me disant que la prochaine, je la fais avec les skis!

Je laisse le groupe continuer à son rythme et descend vers le refuge Fukiage.

Je pose tout le matos dégoulinant de neige par terre et, juste au moment où je me dis que ce serait sympa de trouver une pièce chaude pour se changer…la petite dame derrière le comptoir me demande si j’ai besoin de louer une serviette pour le onsen.
Quoi, il y a un onsen ici?!? Dans cet endroit perdu où seulement les randonneurs fous de neige viennent?
Et bien oui, et le plus beau que j’ai vu jusqu’ici: en plus des traditionnels bains à eau thermale à différentes températures, ici il y a aussi des bains à bulles réalisés selon le modèle de la chaise longue LC4 de Le Corbusier. Si ce n’était qu’on risque de se noyer en d’endormissement, je me serais bien laissée aller à un petit somme…flottant.
Mais la cerise sur le gâteau, ou la serviette sur la tête si on veut, sont les bains extérieurs: formés par des rochers et entourés d’arbres qui semblent tartinés de pâte à marshmallow glacée, les ‘piscines’ d’eau à 42°C créent une vapeur irréelle au contact avec l’air gelé.

Le regard se pose sur la dentelle de sommets blancs au loin.


Chaque cellule se détend et ce ne seront que les doigts fripés comme lorsque j’avais 6 ans et je ne voulais pas sortir de la mer en Sardaigne à me forcer à sortir.

J’emporterai avec moi cette sensation de petit nuage qui couronne une journée parfaite. Et je suis reconnaissante d’avoir pu la vivre.

Happy New Sweet 2017

Parce-que le Japon est un arc-en-ciel de surprises, d’étrangetés et de trucs « kawaï » (= mignons), en descendant Takeshita Street à Harajuku, je n’ai pas résisté à la vue de ça!!


Concentré de tout ce que je bannis en temps normaux de mon alimentation (i.e. sucre, colorants & arômes artificiels) – mais c’est Nouvel An on peut faire exception- je me suis faite plaisir avec ce Barbapapa multicouches en Arc-en-Ciel.

Plus pour pouvoir le « voir » faire que pour le shoot papillaire hyperchimique que mon corps demandera rapidement à diluer avec un bon demi-litre d’eau par la suite.

Qu’à cela ne tienne, en mode régressif, mon barbapapa multicolore à la main et un sourire en banane, je me sens Happy et Grateful de terminer cette année tant particulière pour moi dans un endroit si spécial, qui plus est en compagnie de mes Amis chéris qui viennent de me rejoindre!

Et depuis le pays du Soleil Levant, en avant première (8h à  l’avance sur le Central Brussels Time) je vous souhaite une année 2017 à l’instar de cette gourmandise: Douce, Colorée, Joyeuse et faisant sautiller de bonheur votre enfant intérieur 🙂

***Sweet Happy New 2017***

Love,

MadameCiao
Le making-of….

Chic, le Shinkansen à 300 km/h (et Fuji en prime)

Le Shinkansen, c’est un train qui ressemble à un avion.

Mais qui est beaucoup mieux qu’un avion.

Car on ne vous emmerde pas avec les 100ml de liquides maximum et ‘non madame vous ne pouvez pas emporter votre Saint Félicien car il est coulant et donc non-solide et donc je dois le réquisitionner’ et être là 2h avant et le screening sécurité où limite si on vous déshabille complètement et ne pas perdre son billet car il faut le montrer 10 fois et ‘madame il n’y a plus de place en cabine, nous allons mettre votre bagage en soute’… et sans parler des embouteillages pour y arriver, à l’aéroport!

Bref, le train, c’est bien. Le Shinkansen, c’est zen.

Surtout si vous avez un JR Pass que vous avez acheté avant de partir. Ou alors vous avez un budget ‘transport’ considérable, car une traite d’une 1/2 heure peut coûter allègrement 60€ (en 2e).

 

 

Mais ‘first things first’, commençons par le début.

Le Shinkansen, aussi appelé Bullet Train, veut littéralement dire ‘Nouvelle Ligne Principale’ car sa construction à débuté en 1964 (!!!) avec le premier tronçon de 500km entre Tokyo et Osaka.

Il dessert aujourd’hui 20.000 km et peut arriver à une vitesse de pointe de 320 km/h sur certaines lignes.

Ce qui en language touriste, veut dire que vous pouvez explorer TOUT le Japon en train!

Car au delà des lignes rapides, le JR Pass couvre l’essentiel du réseau national, ce qui vous permet d’arriver jusque dans des bleds perdus comme Hotaka, lorsque je suis allée visiter la ferme de wasabi.

Avec une ponctualité inouïe: les haltes en gare ne durent que quelques minutes et vous avez intérêt à être déjà à la porte si vous sortez, ou, bien alignés devant le marquage au sol qui indique exactement où s’arrêtra votre voiture (wagon, en Belge) pour pouvoir monter immédiatement une fois les autres passagers débraqués.

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Avec un meilleur confort qu’un Airbus 380, car ici, plein de place pour les jambes, une double prise pour charger vos joujoux électroniques (que vous ne devez pas mettre en ‘mode avion’, par contre on vous demande de téléphoner dans les cabines entre les voitures) et des sièges dont le dossier est basculable selon que vous préfériez voyager dans le sens de la marche ou pas. Équipés de toilettes hyperpropres (à ce propos, #Thalys ferait bien d’aller faire un tour pour voir comment s’améliorer) et avec des messages défilants + audio tant en japonais qu’en anglais. Il n’y a pas encore de Wi-Fi gratuit à bord, mais c’est le cas dans la majorité des gares.

Avec une petite madame, tablier fleuri croisé dans le dos, qui passe avec son chariot et vous propose boissons chaudes, bentos et parfois même glaces.

Et avant de passer dans la voiture suivante, elle se retourne vers les passagers et…s’incline gracieusement en un ‘light bow’ respectueux. À toutes les voitures. À tous les passages. Et les chefs de train, pareil.

Seul hic: et bien, à moins de traverser tout le Japon dans sa longueur en une seule fois, les trajets…se terminent trop vite. Et du coup on a envie d’en reprendre un autre!

Ce qui est vite décidé, grâce à l’App ‘Hyperdia’ -à ne télécharger que lorsque vous arrivez car elle est gratuite 30 jours à partir du downloar, après c’est payant- qui vous fournit les itinéraires et corréspondances compatibles avec votre JR Pass. (Merci Dédé)

Et ça a donné: Tokyo, Nagano (Hotaka), Matsumoto, Kyoto, Osaka, Nara, Osaka, Koyasan, Osaka, Naoshima, Hiroshima, Miyajima, Himeji, Hakone (vue sur Fuji), Tokyo.

Et ensuite, vers le nord, à Hokkaido…où je vais troquer les rails pour d’autres traces…de poudreuse, en snowboard!

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Et si vous voulez voir le Mont Fuji sans bouger le petit doigt, prenez le Shinkansen entre Shizuoka et Tokyo et asseyez vous du côté gauche par rapport à la marche du train: si nuages et brumes ne sont pas de la partie, vous aurez droit à son joli chapeau tout blanc (en Hiver).

Noël dans un Temple Bouddhiste

En bonne Italienne, la période de Noël est pour moi synonyme de moment où toute la famille se réunit et l’on prépare ensemble les plats traditionnels tels que les « Agnolotti al Sugo di Arrosto » (ravioles avec une farce de rôtis, patiemment préparés par LaMamma et servis avec le jus du rôti de veau au lait) en bavardant dans la cuisine, pendant que les petits neveux courent autour du sapin et essayent de caresser le chat qui, lui, n’est pas du même avis.

Amour & Bouffe. La frontière entre les deux étant très floue.

D’ailleurs, mes cadeaux de Noël à mes proches de cœur avant de partir, c’était ça:

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Alors cette année, vu que je suis loin de ma famille et de l’autre côté de la terre, qui plus est dans un pays dont les religions Bouddhiste, Shintoïste et Catholique cohabitent allègrement, je me suis dite que, tant qu’à faire, j’allais la faire complètement différemment.

Depuis Kyoto, après avoir vu Nara et son Buddha géant -Daibutsu- assis au beau milieu de son Parc rempli de Bambi qui vous chipent votre goûter (Todaji Temple & Nara Park), j’ai décidé d’aller me retirer sur le Mont Koya.

Koyasan est un endroit sacré où le moine Kobo Daishi, aussi appelé Kūkai, une des plus grandes figures religieuses du Japon aujourd’hui vénéré en tant que bodhisattva, a fondé ici l’école Shingon du bouddhisme ésotérique en 816.

Il serait entré en méditation éternelle il y a plus de 1000 ans dans ce qui est aujourd’hui son Mausolée, situé tout au bout de la splendide allée sous les cèdres centenaires de Okunoin où se suivent tombes et stèles recouvertes d’une mousse vert brillant.

Bref, un peu notre ‘San Pietro’ à Rome.

Plusieurs temples offrent une solution d’hébergement aux visiteurs qui sont arrivés jusqu’ici, à presque 1000 mètres s.n.m. après un voyage en train/cablecar-hyper-raide/bus/marche.

Cela s’appelle un ‘Shukubo’ et en plus du logement, un à deux repas (généralement le petit déjeuner) selon la traditionnelle cuisine végétarienne bouddhiste appelée shojin-ryori (sans viande,poisson, ail ni oignon) sont inclus.

Via Booking, j’ai ainsi trouvé le « Fukuchi-in », magnifique temple entouré d’un jardin zen avec onsen (bain thermal / salle de bain commune) interne & externe.

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Et vu que c’est Noël, je me suis faite plaisir et j’ai fait péter le champagne -façon de dire, car ici, c’est au thé que j’ai festoyé avec me, myself & I- et me suis offerte une belle chambre traditionnelle avec tatami, futon et tout et tout.

Et un repas du 24 soir digne d’un sumo…végétarien!
Sur ce, je dois tirer mon bonnet en pilou bien bas au chef, car avec tant de ‘sans’ (viande, poisson, ail etc) le repas qui m’a été servi avait une variété de textures et de saveurs s’approchant de celles absentes et travaillées avec la qualité d’un étoilé.
Le tout en petites portions pour pouvoir tout goûter, superbement présentées dans des porcelaines ou laques choisies pour mettre en valeur le met.

J’ai découvert ensuite, que le tout est également équilibré du point de vue nutritionnel pour apporter au corps tous les nutriments essentiels. Bouillons vitaminés, protéines végétales, légumes fermentés, algues et alginates en tout genre, tempura de champignons et autres petits légumes sauvages, et toujours la petite prune umeboshi qui fait du bien au boubou aussi.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont inventé le Goma-tofu. Un tofu fait à base de sésame broyé en poudre impalpable (cette tâche ingrate était attribuée aux novices qui « devaient se faire les os ») et de kuzu, pour son pouvoir épaississant. Leur apportant la quantité nécessaire de calcium assimilable et de vit.E.

Du même aspect que l’insipide tofu mou que nous connaissons tous, celui-ci à une saveur délicate de sésame et se mange à peine trempé dans un peu de tamari, avec du wasabi frais râpé dessus.

Un vrai délice: je tenterai la préparation au retour dans ma cuisine.

Ils ne mangent pas si mal les moines!

Parmi les autres activités proposées, une séance de calligraphie: le recopiage des Sutras (prières) à l’aide d’un pinceau de calligraphe est un exercice très relaxant.

Assis par terre devant un petit pupitre, le moine distribue des feuilles avec le motif à parcourir (et dans mon cas, en plus, une traduction du Sutra en anglais pour que je comprenne ce que je retranscris). Chaqu’un ajoute sur sa feuille son ‘souhait’ (wish), son nom et la date. Puis commence le retraçage des caractères japonais qui pour moi s’apparentent à des dessins, de droite à gauche s’il vous plaît. J’ai beau m’efforcer, je n’en reconnais et identifie les sons que de quelques-uns.

Mais ce n’est pas le but, et l’exercice a un effet apaisant.

A la fin de la séance, toutes les feuilles sont recueillies dans une boite en bois. Et la prière rituelle du matin suivant sera adressée à éxhaucer les ‘whish’ consignés sur les papiers.

C’est d’ailleurs comme cela que j’ai commencé la journée du 24 décembre: réveil à 05:30 et à 6:00 avec les moines dans une brume d’encens qui s’est estompée avec les premiers rayons de soleil de cette froide journée d’hiver.

Ah oui. Détail important. Si les chambres sont chauffées par des réchauds au gaz/airco, le seul autre endroit ‘chaud’ dans un temple en hiver, c’est le Onsen.

Le reste, étant ouvert aux quatre vents ou alors séparé par une feuille en papier, est à peine à quelques degrés en plus que la température extérieure. Qui ces jours-ci était à 4°C.

Et quand les toilettes sont au fond du loong couloir gelé…et bien on y pense deux fois à sortir de sa couette la nuit. C’est d’ailleurs dans ces cas là qu’on apprécie toute l’utilité de la lunette de WC chauffante!!!

Il faut savoir à ce sujet, qu’en été le Japon est hyper-chaud, 40°C faciles, et très humide.

Les japonais partant du principe très pragmatique que, quand il fait froid, on peut toujours se couvrir, mais l’inverse n’est pas vrai…et bien toutes les constructions sont étudiées pour maximiser la circulation d’air et garder la structure fraîche en été (juillet-septembre).

Et tant pis si il fait froid en hiver, on rajoutera une couche de plumes.

Le double vitrage on ne sait pas ce que c’est….Ah oui, et pas de ‘chauffage’ tel que nous le connaissons avec des radiateurs.

Mais cela est plus lié aux tremblements de terre fréquents: donc tuyauteries réduites au minimum indispensable, souvent apparentes pour pouvoir repérer facilement une fuite.

Il en va de même avec les câbles électriques dans les rues, qui pendent généralement en de joyeux gribouillis de fils. C’est plus facile à reconnecter si il y en a un qui lâche pour une secousse un peu plus forte.

Smart.

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