Alice à L’Auberge des Maïeurs by La Finca

En regardant la façade de l’ancienne bâtisse de 1748 bordée de verdure et fraîchement peinte d’un blanc de chaux paysan avec sa clôture qui entoure le jardin où l’on imagine déjà les poules courir…on a du mal à se dire qu’en pivotant juste de 180 degrés on se trouve nez à nez avec le Temple des Gourmets ‘Rob’ et le boulevard de la Woluwé fraîchement ‘tram-isé’.

Me promenant l’estomac gargouillant c’est par les narines que j’ai été happée, clouée net à l’arrêt sur le trottoir à la lisière entre ces deux mondes.

Ce coin de rue resté longtemps invisible dans la grisaille urbaine tout d’un coup existe à nouveau par la lumière et l’enchantement qu’émane L’Auberge des Maïeurs by LaFinca, ré-née de ses cendres après l’incendie qui l’eut éteinte en 2009.

Mais cet univers digne d’un conte de Carroll n’est pas uniquement fruit de la récente rénovation: c’est l’atmosphère insufflée par Sarah Potvin qui lui donne un air féerique suspendu hors du temps. Sarah gère le restaurant et avec Jeremy Verhulst, qui lui est aux commandes de la production sur 3 hectares (et bientôt bien plus) de culture bio, ils forment le duo derrière ‘La Finca’ (maraîcher biologique péri-urbain en circuit court installé à Wezembeeklaan-Oppem)

On y rentre par une petite porte comme on le ferait dans le jardin d’une tante éloignée mais, alors qu’on s’attendrait à un intérieur sombre et classique, on bascule à nouveau dans un autre univers, résolument interior-design contemporain. Confortable, chaleureux dans les matières, lumineux, tout dans la mesure et l’équilibre, sans crissements ni excès. On s’y assied avec un sentiment de ‘chez soi’ et une vue inattendue sur la cuisine ouverte en écrin.

Le voyage ne fait que commencer! c’est l’heure du déjeuner et si la carte semble attrayante, la feuille avec le menu du jour de Saison à 22,50€ pour la formule Entrée+Plat ou Plat+Dessert me fait de l’œil et clairement de la papille aussi.

Je découvre en bavardant avec Sarah que le restaurant est le premier à Bruxelles à être certifié Bio sur toute la ligne. Je m’en réjouis, mais ce sera dans l’assiette que cela fera toute la différence.

Ce sera un Balade en Forêt à Dos de Colin pour moi.

La musique démarre doucement en cuisine pendant que sur ma table se matérialise une assiette avec une cuillerée d’humus et une écuelle d’huile d’olive parfumée dans laquelle mes gènes italiens se tremperont sans gêne en compagnie du pain croquant à la mie aérée dont était assorti le tout.

C’est en me plongeant dans une bol en raku céladon avec la première cuillèrée que j’ai été transportée d’entrée de jeu dans une clairière pour la ‘Balade en Forêt’: une mousse aérienne de cèpes et autres champignons de saison forme une couverture aux morceaux qui se trouvent au fond et un support à une dentelle ajourée posée par dessus.

Je ferme les yeux et m’attend soudain à voir apparaître un Bambi tant l’harmonie des saveurs est intense et me rappelle le parfum frais et boisé d’humus de nos forêts en cette saison.

(Désolée, c’est la déformation due au BokashiCompost, mon nouveau métier, je vous en dirai plus bientôt)

Du coup, la bonne intention de déjeuner sans vin tombe à l’eau…et je décide que le Colin qui suit sera accompagné d’un calice dont l’accord est fait avec justesse par le sommelier à qui j’ai laissé une carte blanche raisonnable.

Suit le Colin, dont la chair ferme cuite à la perfection, fond sous la croûte fine qui le délimite. Accompagné de quenelles de chou crémeux et de polenta à l’emporte-pièce croustillante au cœur tendre…il est posé dans une nage de jus de cuisson dont l’acidité équilibrée harmonise les différents éléments en leur apportant fraîcheur et légèreté.

Je résiste et ne craque pas pour un café-dessert cette fois-ci, mais c’est sûr, j’y retournerai et en compagnie pour partager ce plaisir des matières premières de qualité, travaillées avec respect et amour, avec une sobriété heureuse, parsemée d’audace avec parcimonie par son Chef Dimitri Strasser.

Le pari de faire le lien -en ville- entre la terre et l’assiette, dans le respect de tout le travail qui est derrière ce genre de démarche qui essaye de proposer des alternatives viables et de qualité aux modèles de production-consommation actuels est à mon avis à applaudir et à soutenir 🙂

L’Auberge by LaFinca vient s’ouvrir en mode ‘soft’ en Octobre 2018, bientôt s’ajouteront au Restaurant

-une épicerie proposant la production maraîchère de La Finca en vente directe

-des ateliers de sensibilisation à des modes de vie plus durables

-des poules gambadant gaiement dans le jardin

-et pour le printemps, des parterres de fleurs pour soutenir les pollinisateurs & des carrés potagers pédagogiques

Et à mon avis, Sarah nous en réserve bien plus encore 😉

Je vous conseille vivement de réserver votre table.

L’Auberge des Maïeurs by LaFinca

Du mercredi au Samedi

12:00-14:30 & 18:30-22:30

Parvis Saint Pierre 1 (derrière le Parking du Rob)

B-1150 Woluwe-Saint-Pierre

https://www.laubergedesmaieurs.be/le-restaurant/

Tendre-Crousti de bettrave rouge

J’hésite à appeler cela des ‘burgers’ car si ils en ont la forme et la couleur…je n’arriverai jamais à les fourguer pour tels aux amis carnivores (dont je fait occasionnellement partie), mais à première vue on pourrait bien s’y laisser prendre!

Cette recette n’est pas ‘farine de mon moulin’ comme on dit, bien que j’y ait mis ma patte, en troquant la farine de seigle originale pour de la farine de sarrasin, qui équilibre mieux le côté terreux de la betterave, à mon avis. Et remplacé la feta greque par de la ricotta salée (séchée) simplement car c’est ce que j’avais dans le frigo 😉

C’est une création de Sara Bäckmo, nimacultrice suédoise que je suis dans ses expérimentations potagères, entre autres car elle utilise pour son jardin comestible du BokashiCompost (je vous parlerai prochainement de ma reconversion professionnelle et de ce concept génial!).

Super rapide à faire, surtout quand on a un robot pour râper, les quantités de la recette donnent approximativement 12-14 galettes de la taille d’une paume de main.

On peut tout manger en une fois si on est à 4 gourmands et c’est le plat principal, accompagné d’une belle salade mesclun. Si il en reste, on peut les congeler crues, à plat. Il suffit ensuite de les sortir du freezer une heure avant de les cuisiner.

Petite info ‘physiologique’: la betterave rouge colorera vos selles. Ne vous faites pas une frayeur les jours suivants!

Surtout que la betterave contient de nombreux élément bénéfiques pour la santé et notamment une teneur très élevée en bétanine et autres antioxydants dont il a été prouvé qu’ils ont un effet bénéfique dans la prévention de certains cancers.

Elle a un pouvoir glycémique bas et contient aussi une bonne quantité de vit A.

Recette (pour 12-14 ‘burgers’)

350g de betterave crue râpée

100g de farine de sarrasin

75g de mélange de noix hachées grossièrement (moi j’ai mis: cashew, courge, tournesol, sesame, noisettes en quantités egales)

150g de ricotta salée séchée ou Feta grec.

1 œuf entier

Sel: attention le fêta est déjà salé

Poivre, si vous aimez ça

Pelez les betteraves crues et râpez-le. Dans un grand bol mélangez bien tous les ingrédients. La masse restera relativement ‘sèche’ mais se tiendra.

Façonnez des ‘burgers’ de l’épaisseur d’1cm et un diamètre de 8-10cm.

Faites cuire dans un peu d’huile d’olive 4-5minutes de chaque côté ou jusqu’à ce que l’intérieur soit cuit et l’extérieur un peu croustillant.

Servez avec un chouïa de mayonnaise et une jolie salade mixte assaisonnée avec huile d’olive et citron.

Ou alors faites-en un ‘veggie burger’ en bonne et due forme avec son petit pain et son cornichon.

Pour lui, Matinal, je saute du lit à l’aube

6:45.

Ceux qui me connaissent savent que c’est une heure que MadameCiao ne décline qu’en P.M….le A.M. étant réservé à quelques rares occasions où ma nature lève-tard cède le pas à mon côté epicurieux, par exemple pour une descente à l’aube sur poudreuse japonaise ou pour une aube sacrée du haut d’un temple birman.

Aujourd’hui les astres de sont alignés sur Bruxelles: mon Tesorino, qui file à Anvers avant les bouchons, me sort des bras de mon amant Morphée ET on est Jeudi.

Oui, parce-que Matinal n’ouvre que de Jeudi à Dimanche. Et de 7 à 16.

(En tout cas, dixit son Instagram @m_a_t_i_n_a_l )

C’est depuis que Greg de CookandRoll m’a fait goûter son pain avec de la Dukkah que j’en rêve.

Alors, mobib à la main, j’enfile ma tenue de chasseur-urbain pour traverser la Ville et aller ‘gagner’ mon pain.

Les effluves de bon pain au levain me guident par le nez tel un cartoon de Disney, dès la Chaussée de Waterloo.

Rue Franz Merjay nr 6, juste une carte postale sur la porte vitrée.

Des souvenirs proustiens d’une fournée montagnarde très spéciale au feu de bois me réveillent les papilles et pas que.

Matinal est un de ces écorchés du fournil que j’aime: de ceux qui se rebellent à l’insipide masse blanche texture spontex levée à la chimie qui nous est fourguée comme ‘pain’ et qui nous donne mal au ventre (lire « intolérance » au gluten) tellement il est loin de ce qu’était le pain nourrissant de nos grands parents, aujourd’hui maquillé avec ses additifs, agents de fluidité (ah bon, vous ne saviez pas? Ils mettent des additifs dans la farine industrielle pour qu’elle soit facile à déverser des silos et qu’elle ne fasse pas de grumeaux) son taux de gluten augmenté pour faciliter une panification ultra rapide…pour n’en nommer que quelques uns.

Dans le rez-de-chaussée en style industriel, que l’essentiel.

Dans la deco comme dans les ingrédients de son pain.

Une planche sur tréteaux sert de comptoir et les trois variétés de pain du jour (boule à l’épeautre, baguette et aujourd’hui seigle) ont la part belle.

Tous les pains sont au levain: il en chouchoute 8 différents, déclinés en deux versions; liquide pour une mie plus aérée et solide pour plus de consistence.

Le tout levé 34-36 heures avant de passer dans le four juste derrière, dont le levier de ventilation qui rejette le parfum dehors est le plus puissant outil de marketing.

Par temps de speculoos, sa brise arrive jusqu’à MaCampagne et remplit ainsi la boulangerie.

Des farines de grains anciens essentiellement bio, de l’eau et du sel.

Pas d’artifices et rien à cacher.

Avec un autre client, on à même droit à un tour à l’étage où se trouvent les quelques machines qui aident à la panification et le frigo où reposent les levains. Seuls indices qu’on ne se trouve pas dans le grenier d’un boulanger d’un autre temps, tant on s’attendrait presque à voir tourner les pales du moulin par la fenêtre.

Tradition, amour des produits de qualité et juste le zeste de modernité qu’il faut.

Matinal ne moud pas encore sa propre farine, mais c’est dans les plans.

Comme l’arrivage, dans les prochains mois, de grains anciens de contrées et époques éloignées qui ont étés récupérés par quelques agriculteurs-archéologues et qui donneront vie à de nouveaux pains. Mais ça, ce sera pour la collection Printemps-Ete!

En attendant, je repars avec deux grands pains entiers à l’épeautre (12€ pc), un demi pain de seigle (6€) et une baguette croquante et alvéolée (2€)…qui perdra une oreille dès le pas de la porte franchi.

Avec ma cargaison, encore tiède du four, dans les bras, je rentre sautillante de joie d’avoir enfin retrouvé cette croûte craquante, cette mie brune et parfumée que je savoure et qui fait danser de joie mon boubou.

Merci Matinal!

Pour toi je veux bien sauter du lit à l’aube 🙂

Ticket ‘Aller’ seul(e)

J’ai toujours eu la bougeotte…peut-être parce-que j’ai passé mes premières semaines de vie en passagère clandestine- à faire de la piste dans le Sahara à bord d’une Land Rover conduite par mon papa, avec pour seul GPS…un bédouin indigo. 

Ou parce que, bercée par les différentes langues parlées par ma maman, interprète à l’époque, je dois avoir cela dans le sang, d’être curieuse des autres cultures et de leurs façons de communiquer.

Bref, j’ai le ‘wanderlust’ (mot qui -by the way- n’est pas du tout utilisé par les Allemands, j’ai vérifié) en mode gène-dominant dans mes chromosomes.

Cette fois-ci c’est un voyage tant extérieur qu’intérieur que j’entame.

Il y a quelques mois j’ai quitté un travail qui n’était plus en harmonie avec qui je suis devenue. Et dans ce processus de métamorphose…je quitte aujourd’hui nid douillet, amis aimants, amant aimant, famille coquille, pour d’autres cieux.

Go East, life is peaceful east… 😉

Cela fait des années que l’Asie me fait du pied. Et l’avant goût que j’en ai eu au Népal (1998) et Vietnam (2013) devait avoir du glutamate dedans car depuis cette saveur de ‘reviens-y’ ne m’a pas lâché.

Donc voilà, bottines, sac à dos et quelques Miles en avion, j’arpenterai ce coin de notre belle TerraMadre pendant quelques temps.

Première étape: Japon | Tokyo

Sayonara!

Ce Shampoing, c’est du Solide…pour s’envoyer en l’air (Slow Cosmetic – Lamazuna)

Quand on va s’envoyer dans les airs très prochainement pour des destinations requérant une certaine agilité, tant d’esprit qu’en termes de mobilité, la dimension poids/volume/état physique de tout ce que l’on compte mettre dans son bagage, devient crucial.

Et par là j’entends, réminiscences d’une autre vie en pharma, les états: liquide, solide ou gazeux, ce dernier étant réservé au Champagne pour moi en l’occurrence. Ou aux lendemains de fête de ce dernier 😉

Et comme MadameCiao a appris à apporter, pour garder sa santé, la même attention tant à la composition de ce qu’elle met DANS son corps (lire: bouffe, et gourmande svp) qu’à ce qu’elle met SUR son corps -pour info, la peau est un organe au même titre que les poumons ou les intestins et absorbe tout ce qu’on lui tartine dessus -essayez de lire l’étiquette de votre crème juste pour voir-…l’approche « no-crasse » dans tout ce qui est cosmétiques également devient une évidence.

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Forest to Plate, cueillette sauvage très éduquée

Les algorithmes de FaceBook ont du bon, en tout cas celui-ci à eu la géniale idée de m’afficher vendredi un post déclarant que, suite à désistements, il y avait encore des places libres pour la sortie Forest-to-Plate de ce dimanche.

Un après-midi de Cueillette Sauvage à Meise (30′ de Bruxelles, hors embouteillages) suivi par la préparation et dégustation du repas commun.  Une des dernières d’ailleurs, car les températures dégringolantes et le brouillard champêtre auront vite raison non seulement des plantes à cueillette, mais aussi de vos petites menottes et « bouts » variés style oreilles ou nez.

Ni une ni deux, me voilà à 13h pétantes avec une trentaine abondante d’autres marcheurs-cueilleurs guidés par Ben Brumagne, qui s’est fait -il y a quelques temps- à vélo le trajet Bruxelles-Mumbai à la recherche de plantes comestibles.

La première étape se fait sous un arbre de Chêne.

Ben nous explique les règles de base de la cueillette sauvage: j’ai retenu surtout l’essentiel, étant la règle #1 – Tu connais pas, tu manges pas. Continuer la lecture de Forest to Plate, cueillette sauvage très éduquée