Forest to Plate, cueillette sauvage très éduquée

Les algorithmes de FaceBook ont du bon, en tout cas celui-ci à eu la géniale idée de m’afficher vendredi un post déclarant que, suite à désistements, il y avait encore des places libres pour la sortie Forest-to-Plate de ce dimanche.

Un après-midi de Cueillette Sauvage à Meise (30′ de Bruxelles, hors embouteillages) suivi par la préparation et dégustation du repas commun.  Une des dernières d’ailleurs, car les températures dégringolantes et le brouillard champêtre auront vite raison non seulement des plantes à cueillette, mais aussi de vos petites menottes et « bouts » variés style oreilles ou nez.

Ni une ni deux, me voilà à 13h pétantes avec une trentaine abondante d’autres marcheurs-cueilleurs guidés par Ben Brumagne, qui s’est fait -il y a quelques temps- à vélo le trajet Bruxelles-Mumbai à la recherche de plantes comestibles.

La première étape se fait sous un arbre de Chêne.

Ben nous explique les règles de base de la cueillette sauvage: j’ai retenu surtout l’essentiel, étant la règle #1 – Tu connais pas, tu manges pas.

Les autres étant:

#2 ne jamais ‘raser’ un lieu de cueillette, toujours laisser au moins 1/3 pour la régénération, #3 ne pas cueillir près d’endroits pollués (ce qui inclut les champs en culture intensive aka ‘traditionnelle’, surtout après qu’ils ont sprayé du « Oust »), #4 gaffe aux crottes de Maître Renard près des plants: lui est mimi, mais il peut laisser derrière soi des parasites de l’échinococcose (il paraît que cette zoonose respecte la frontière linguistique belge et qu’il y en aurait moins en zone néerlandophone!!) et #5 attention aux Tiques pour ne pas choper une autre crasse qu’est la maladie de Lyme! Donc profitez-en pour vous faire inspecter par votre chéri(e) au retour de vos balades, la tique aimant les endroits chauds & humides..je vous laisse réfléchir aux zones de votre corps qui correspondent aux critères.

Voilà pour le Disclaimer.

Mais sous ce chêne, on découvre également que ses fruits, les Glands du Chêne, sont commestibles…sous certaines conditions.

En réalité, le gland aurait été un des aliments de base de nos ancêtres il y a déjà 125.000ans. Et c’est toujours le cas dans d’autres régions du monde. Sauf que chez nous, on a oublié…comme pas mal d’autres choses, dont les ‘comestibles’ et que Ben s’efforce de rapporter à nos mémoires de Homo Urbanus-Techologicus.

On nous promet un Burger de Gland…pour le dîner. Je vous vois rigoler! C’était une vraie tuerie et j’espère pouvoir partager la recette bientôt, si Ben et surtout Marta – sa chérie et Cheffe en cuisine- est d’accord 😉

On continue en goûtant le fruit de l’Eglantier (Cynorhodon) à déguster en infusion, ou à épépiner attentivement pour en manger la chair, ce n’est pas pour rien qu’il s’appelle aussi ‘gratte-cul’.  Ensuite on renifle l’odeur aromatique de la Chamomille Romaine  (Chamaemelum nobile) -qu’il ne faut plus présenter- mais qui fait partie des ces plantes « pionnières » qui poussent dés qu’un terrain est laissé à l’abandon.

C’est le cas aussi de la plante appelée romantiquement en anglais ‘Gallant Soldier’ (Galinsoga parviflora): envahissante, targuée de mauvaise herbe, elle a un goût peu prononcé qui s’accommode bien des soupes, smoothies ou – comme nous le découvrirons plus tard- légèrement rissolée dans un fond d’huile avec de l’ail et des champignons.

Nous continuons par une dégustation de fleurs de Moutarde (jaunes) et fleurs de Radis (roses) qui égaient le champ semé en ‘engrais vert’: des saveurs légèrement douce pour la fleur de moutarde et à peine piquante pour celle de radis qui termineront dans une très belle salade de pommes & poires du jardin, betterave rouge, feta & noix fraîches.

Le Châtaigner (Castanea Sativa) – à distinguer du Marronier d’Inde (Aesculus Hippocastanum), lui non comestible- nous régalera d’un sac de petites châtaignes douces que nous rôtirons plus tard sur le feu.

Sur la route du retour, une plante qu’il vaut mieux éviter de toucher les mains nues au soleil -ça tombe bien y en avait pas- car elle est phototoxique: la Berce (Heracleum Sphondylium). En effet, sa sève combinée aux rayons du soleil (même 48h après), provoque des brûlures photochimiques pouvant aller jusqu’au 3e degré. Attention donc. Cette plante à une saveur entre le céleri/coco/mandarine et aurait également des vertus revigorantes sur la puissance, d’où le nom, inspiré d’Hercule (à bon entendeur).

Nous ne la cueillerons pas, mais il est vraisemblablement possible de la faire fermenter pour en faire un vinaigre, entre-autres.

Notre cueillette s’arrête là et nous retournons avec notre butin dans le verger où Marta, avec le père de Ben, travaillent déjà depuis quelques heures autour du feu et nous attendent avec des tisanes fumantes, ou au choix, du vin Bio, les deux fooortement appréciés.

Il faut dire que ce matin, les typiques ‘brouillards matinaux’ belges….et bien, ils n’ont pas voulu se dissiper. Et sont bien rentrés jusque dans les os malgré les différentes couches bibendum.

Entre papotages et préparatifs, sur les tables joliment décorées ou autour du feux crépitant, nous nous régalons de:

  • Salade Pomme-Bettrave fleurie dont plus haut,
  • Burger de Gland de Chêne avec une sauce yaourt & herbes,
  • Potirons & Racines tels que Carottes et Panais cuits sous les braises couverts par des branches de noisetier,
  • Châtaignes rôties accompagnées d’une petite sauce au bleu-miel-beurre noisette à tomber et enfin,
  • Crumbles pomme-poire & graines avec les fruits du verger

Seul le froid et l’humidité ont eu raison de la gourmandise, de l’atmosphère champêtre sympatique & multilinguistique et nous ont fait rejoindre plus rapidement que voulu les voitures au bout des 10′ de chemin.

Si vous voulez vivre cette belle expérience, une dernière sortie aura lieu le 30/10 avant la pause hivernale, pour les courageux ou les eskimos.

Pour ma part, je guetterai l’Agenda de Forest-to-Table  et leur page Facebook au retour de la bonne saison (mes gènes me l’imposent!)

Publié par

MadameCiao

Gourmande, voyageuse et pharmacienne-nutritionniste de formation je jongle entre plaisir, santé et équilibre. J'essaye de vivre au plus près de la Nature, en écartant l'Artificiel, tant en cuisine que dans le reste. Et partager les bonnes trouvailles est un de ces petits plaisirs qui n'ont pas de prix...

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